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Mise au clair

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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Mise au clair Dim 3 Juin - 16:40

C’était l’heure creuse à la Tête de Sanglier, à supposer qu’il y aille une heure pleine dans ce pub miteux. Par conséquent, Jarvis était seul de service et cela lui convenait parfaitement. Et pour cause, cela faisait une heure qu’il n’avait pas vu âme qui vive entrer. Ainsi, il était tranquillement assit derrière le bar entrain de lire le livre qu’il avait pensé à prendre avec lui justement en prévoyance du manque d’activité. L’histoire en elle-même était captivante, il s’agissait du roman Mary Reilly, traitant de la célèbre histoire du Docteur Jeckyll et de Mister Hyde, dans la langue de Goethe, Jarvis voyant là l’occasion de dérouiller un peu son allemand puisse qu’il n’avait pas eu l’occasion de parler pendant 10 ans. Il avait toujours bien aimé les romans Moldus dont l’univers s’apparentait un peu toujours à de la science-fiction pour le sorcier de sang-pur qu’il était. C’était dépaysant. Et surtout, cela lui changeait un peu les idées.

Ceux qui pensait que sa vie était devenue merveilleuse depuis son innocence enfin reconnue se fourraient le doigt dans l’œil. Entre les curieux qui n’arrêtaient pas de lui poser des questions indiscrètes et ceux persuadé qu’il était coupable, Jarvis avait l’impression de vivre une extension de l’enfer. A croire que personne voulait lui foutre la paix une bonne fois pour toute. Le matin même il avait encore trouvé un mot accroché à sa porte d’entrée le traitant de monstre. Il ne se faisait pas d’illusion, il savait qu’il allait devoir attendre un moment avant qu’on l’oublie enfin. En attendant, il se contentait juste de faire profil bas.

Toutefois, ce jour-là il n’arrivait pas à se concentrer sur son bouquin et en perdait le fil à tout moment, ce qui avait tendance à l’agacer. Ces pensées n’arrêtaient pas de s’égarer ailleurs, si bien qu’il lui arrivait de lire plusieurs fois la même ligne avant de s’en apercevoir.

Un de ses principaux sujets de préoccupation était la toute nouvelle propriétaire du pub. Jarvis savait que le vieux proprio cherchait à vendre quand il l’avait engagé mais il pensait que cela ne se ferait pas avant un moment. Après tout, qui voudrait un bar aussi miteux ? Et pourtant, quelque temps plus tôt, était apparue Winry, la nouvelle patronne venue se présenter à son nouveau, et restreint, personnel. Jarvis ne savait pas trop quoi penser d’elle. Elle semblait avoir un fort caractère, ce qui n’était pas un défaut en soi, et surtout semblait vouloir être plus présente que l’ancien proprio que Jarvis n’avait jamais revu entre son engagement et son départ. Et Winry n’avait rien à voir avec l’ancien proprio bourru, vieux et inquiétant. Elle était très jeune, semblait pleine de volonté, énergique et surtout, il était forcé de l’admettre, elle était plutôt jolie. D’accord, très jolie. Mais pour le reste, elle semblait aussi mystérieuse que lui, à garder pour elle qui elle est réellement. C’était assez déstabilisant. En fait, Winry avait quelque chose de magnétique qui avait bien plus d’emprise sur Jarvis qu’il ne l’aurait voulu. Lui qui n’aspirait qu’à une vie solitaire et tranquille aussi basique que possible, il n’avait pas cessé de penser à sa nouvelle patronne depuis leur rencontre, se demandant quel genre de personnalité pouvait se cacher derrière cet apparence angélique et distante. Il n’arrivait pas à mettre un terme sur cette obsession. D’une certaine manière il pouvait dire qu’elle avait attisée sa curiosité mais c’était bien plus que cela. Elle était comme un casse-tête, un mystère entêtant auquel il ne pouvait s’empêcher d’essayer de trouver une réponse et cela le rendait dingue.

Réalisant qu’il était sur la même page depuis bien 5 minutes, Jarvis poussa un soupire et posant son livre sur le bar, ouvert à la page où il s’était arrêté et se servit une bière-au-beurre tout en secouant vaguement la tête comme si cela pouvait en chasser ses interrogations.
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MessageSujet: Re: Mise au clair Dim 3 Juin - 18:05

    Quelle idée de racheter un bar miteux en plein pré-au-lard! Réaction général de ma famille quand je leur avais annoncé. Bon, mon père m'avait assez enseigné pour que je saches que c'était un très mauvais investissement. Mais bon, j'étais devant le fait que j'allais surement rien faire de ma vie de toute façon, vu mes notes aux ASPICS, alors autant prendre mon destin en main et investir dans quelque chose. Le propriétaire du bar vendait, je me suis dit "pourquoi pas?". Au moins, j'aurais un job stable et puis, c'est pas comme si on était en manque d'argent dans la famille. Et ce n'était pas celui de mes parents qui avaient servi à l'achat, c'était le mien, enfin, un héritage plutôt. je ne voulais pas de l'argent de mes parents, et même si c'était le cas, il aurait refusé de me prêter un centime pour ce projet. Enfin, moi, au moins, j'étais active, je faisais quelque chose de ma vie, contrairement à ma mère ou sa plus grande réussite avait été de séduire un homme riche. Je passe!
    Je cognais le trottoir en face de mon appartement du bout de ma rangers, songeuse. Qu'est-ce que je pourrais bien faire de ce bar maintenant? J'avais eu l'occasion de rencontrer mes employés. Mes deux seuls et uniques employés, Nathaniel Riders et Jarvis F. Zimmerman. Le premier, tendance associable, ne m'avait laissé aucun impression particulière. je me demandais ce qui avait bien pu passé par la tête de l'ancien proprio pour avoir engagé un gosse de son âge mais je ne voyais aucune raison de le virer, après tout, s'il faisait son travail et qu'il n'attirait aucun ennui...Le second, par contre, m'intriguait. Ancien détenu d'Azkaban pendant 10 ans, à tort paraitrait-il, il venait d'être relâché après que l'on ai prouvé son innocence. J'avais lu cette histoire dans les journaux, vite fait, sans vraiment m'y pencher. Quand j'avais su qu'il était employé dans le bar que j'avais racheté, j'avais failli m'étouffer. En le rencontrant, j'avais imaginé un homme vieilli prématurément, aigri et mesquin et étrangement...non. Ca m'avait plu chez lui. Il avait l'air de bien gérer et s'il ne nous attirait aucun ennui, c'était la même que Riders, je le laisserais tranquille.
    Malgré tout... Je pensais qu'il fallait que je m'entretienne avec Jarvis seul à seul. Emprisonné à tort ou pas, ça restait un type qui avait passé ns à Azkaban. Or l'endroit n'était pas vraiment connu comme étant le grand luxe, la plupart avait tendance à devenir assez taré au bout de quelque années. je n'avais pas besoin d'un taré comme employé. Je regardais l'heure. D'après mes souvenirs, il devrait être en service là. Je fis craquer mes doigts, puis transplanais jusqu'à Pré-au-lard.

    Je haïssais transplaner, ça me mettait le vertige et la nausée à chaque coup. Pliée en deux, un main posé sur un mur, j'attendais que la sensation de malaise s'en aille. Decidement, ça ne vaudrait jamais la moto! En même temps, c'était ma faute, j'habitais trop loin. Mais je n'avais pas envie d'abandonner mon appartement à Londres, il était bien et ma colocataire sympa, ça valait bien un peu de nausée. Je me relevais, prenant ma respiration par grande bouffé d'air, et fermais les yeux. Bon, le bar maintenant.

    Quand même, l'ancien proprio était spécial, enfin lui, peut-être pas mais ses choix d'employés... Quand même, un gosse a l'air louche et un ex taulard, il fallait le faire! Allez, tous les bras cassés de Londres, venaient dans mon bar, y a du travail! Bon, d'un côté, c'était pratique, ils coutaient pas chers, c'était aussi une des raisons pour lesquels je ne renouvelais pas le personnel. J'avais peut-être un sacré héritage à investir, mais mon compte en banque n'était pas infini non plus, et si les affaires marchaient mal, j'aurais vite fait de mettre la clé sous la porte. Surtout que le lieu, c'était pas du grand luxe, pensais-je en poussant la porte. Je fronçais le nez face à l'odeur de renfermé, de transpiration et d'alcool qui envahissait l'endroit. Bon, aucun client à cet heure-ci, au moins, c'était ça. Au moins, je pourrais parler à Jarvis rapidement.
    Je trouvais d'ailleurs ce dernier derrière le bar, en train de se servir une bierre au beur. Il ne remarqua pas ma présence directement. Malgré moi, je me mis à l'observer. Ce type avait quelque chose. Il n'était pas forcement beau, mais il avait beaucoup de charme, je devais me l'avouer. Il m'intriguait beaucoup, je le trouvais très... intéressant comme cas. Et...Quelque chose d'autre m'attirait vers lui, sans que je me l'explique.

    Je secouais ma tête, me remettant les idées en place.

    ▬ « Hey, Zimmerman! »

    Je passais derrière le bar à mon tour, me préparant une bièraubeur également. Je bus une gorgée réfléchissant à une façon diplomatique de dire ce que j'avais à dire. Sauf que la diplomatie... ça n'avait jamais été mon truc.

    ▬ « T'as passé 10 ans à Azkaban. Je vais être simple. Je veux pas de dingue dans mon établissement. »

    Bon, ça, c'était dit. je pris une nouvelle gorgée, puis repris.

    ▬ « Je tiens juste à être claire, j'ai pas envie que tu pètes les plombs sans raison et de perdre le peu de clientèle qu'il y a. »

    Winry, la délicatesse incarnée.
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Lun 4 Juin - 15:25

Jarvis était entrain de boire une première gorgée lorsqu’il entendit une voix l’interpeler par son nom de famille et du coup, il manqua de justesse de s’étouffer tout en levant les yeux vers la porte pour voir qui avait bien pu apparaître de la sorte pile au moment où il commençait à boire.

Quelle ne fut pas sa surprise en voyant arriver sa nouvelle patronne. Une surprise oui car son prédécesseur ne les avait pas habitués à venir les voir. Et une surprise parce qu’il était justement entrain de penser à elle. Sur le coup, il cru même à un effet de son imagination. Une hallucination ou quelque chose du genre qui aurait prouvé qu’il aurait perdu la tête pour de bon. Mais une hallucination ne serait jamais venue se servir un verre derrière le bar en laissant planer derrière elle une douce odeur sucrée et entêtante de parfum. Jarvis aurait voulu se rapprocher un peu pour pouvoir mieux sentir cette délicieuse odeur mais la voix de Winry le tira de ses pensées et le ramener sur terre.

Enfin sur terre c’était vite dit, tant les paroles de la jeune femme lui parurent irréalistes. Tout en l’écoutant, les yeux de Jarvis s’agrandirent comme des soucoupes. Pour peu, on aurait presque pu voir un grand point d’interrogation tourner au-dessus de sa tête accompagné du mot grandement explicite : Gné ?

Quand elle eu finit, Jarvis cligna quelques fois des yeux avant de poser son regard sur son verre. Sa bièraubeurre semblait pourtant normale. Il n’y avait rien d’illicite dedans donc, il avait a priori bien comprit ce qu’elle venait de lui dire.

Je… euh…, commença-t-il très intelligemment. Azkaban c’est une prison, pas un asile psychiatrique. Il y a aucune raison que je me tape une crise psychotique en plein milieu de mon service…. Enfin j’crois pas en tout cas.

Fronçant des sourcils, Jarvis observa Winry comme si c’était elle qui semblait sur le point de pouvoir en faire une tout en buvant une nouvelle gorgée de sa boisson avant d’ajouter.

Je pense être encore suffisamment équilibré pour ne pas en venir à tuer un client qui ne m’aurait pas laissé de pourboire… A moins que tu saches quelque chose à mon sujet que moi-même j'ignore, ponctua-t-il assez froidement avant de se détourner pour attraper un chiffon qu'il commença a passer sur le bois du bar déjà propre, visiblement pour s'occuper avant de s'énerver. Être considéré comme un criminel, il était obligé de s'y faire, il n'avait pas le choix mais sous entendre qu'il puisse en plus être cinglé, cela ne lui plaisait que très modérément.
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MessageSujet: Re: Mise au clair Dim 10 Juin - 17:32

    Je n'avais jamais été d'une subtilité extraordinaire, c'était vrai. Et j'étais du genre très franche. Mais bon, après, ce que je venais de dire était peut-être UN PEU exagéré et limite méchant vis-à-vis de Jarvis. mais c'était à moitié pour le tester aussi. Voir s'il perdrait son calme après mes remarques, s'il était vraiment bon à être internet. Pour être franche, je m'y attendais beaucoup plus que je voulais l’admettre. Je me raisonnais en me disant que l'ancien proprio n'aurait jamais engagé un psychotique mais après une dizaine d'année passé à Azkaban, je me doutais que peu en ressortait toujours sain d'esprit, surtout pour une injustice. Je ne doutais pas de son innocence, raison de plus. Ou peut-être que j'en doutais un peu...je sais pas, j'étais plutôt troublée à ce sujet.
    Quoiqu'il en soit, j'avoue que sa réponse me surprit un peu.

    ▬ « Je… euh…Azkaban c’est une prison, pas un asile psychiatrique. Il y a aucune raison que je me tape une crise psychotique en plein milieu de mon service…. Enfin j’crois pas en tout cas. »

    Réponse plutôt intelligente et diplomatique. Là où j'avais été brutale, il essayait d'être subtil. Mais ça ne me suffisait pas vraiment pour me convaincre. Pas vraiment.

    ▬ « Oui, oui, je n'en doute pas une seconde. Mais d'après ce qu'on en dit, c'est pas non plus le club med. Tu as passé dix ans dans un endroit crasseux, isolé, avec tous ces détraqueurs. Je suis en droit de penser qu'on n'en ressort pas avec toute sa raison.

    Un rire amer s'échappa de ma gorge.

    ▬ « Tu crois? Me voilà rassurée! »

    En buvant ma nouvelle gorgée, je remarquais le regard de Jarvis sur moi. Comme si entre nous deux, il pensait que c'était plutôt moi qui allait faire une crise. Je n'appréçait pas beaucoup ce regard.

    ▬ « Je pense être encore suffisamment équilibré pour ne pas en venir à tuer un client qui ne m’aurait pas laissé de pourboire… A moins que tu saches quelque chose à mon sujet que moi-même j'ignore. »

    Encore une réponse diplomatique, bien qu'un peu moins que la première. Il n'empêche que s'il se laissait faire par moi juste parce que j'étais sa patronne, il allait pas me plaindre le Zimmerman. pas du tout. Allez, bouge-toi, réponds-moi!

    ▬ « On sait jamais! Je sais déjà pas mal de chose sur toi, j'aime bien savoir avec qui je bosse. Je sais déjà que ton père est mort pendant ton petit séjour à Azkaban, ce qui n'arrange pas franchement ton cas. »

    Cette fois, j'avais dit cela calmement, haussant vaguement les épaules. Je jettais un dernier coup d'oeil à Jarvis avant de descendre la moitié de ma boisson.

    ▬ « Et après tout, tu aurais bien tué ton ex fiancée après une simple dispute, bien avant Azkaban. »

    Nouveau coup d'oeil, puis je finissais mon verre cul sec. Ma dernière réplique pouvait sonner faux. Si je croyais vraiment cela, je ne serais aps ici, dans ce bar, seule à seule avec lui à le chercher, c'était plus ou moins ma vie que je risquais à rester là.
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Lun 11 Juin - 13:21

Fronçant toujours les sourcils, ce qu’il faisait toujours quand il se concentrait ou quand il essayait de comprendre quelque chose, habitude qui lui vaudrait des rides sur le front avant l’heure d’après sa mère, Jarvis écouta sa patronne lui parler d’Azkaban.

Il y avait toujours quelque chose de presque drôle à écouter quelqu’un parler d’Azkaban sans jamais y avoir mit les pieds. Ils essayaient toujours de décrire l’endroit avec le plus de détails horribles possibles mais ils étaient toujours bien au dessous de la vérité. Il était tout simplement impossible de décrire correctement avec des mots la prison des sorciers et, Jarvis le savait pour être bien placé pour le savoir, on pouvait essayer d’imaginer l’endroit le plus horrible qui soit, l’imagination humaine ne pouvait tout simplement pas reproduire l’ambiance d’un tel endroit. Pure principe de survie mentale probablement. C’était pourquoi, ceux qui n’y étaient jamais allé décrivaient toujours un maximum de détails sordides pour essayer de montrer à quoi cela pouvait bien ressembler mais ceux qui y avait passer un temps, long come court, n’avait qu’à tout simplement dire le nom de Azkaban. Ce mot à lui seul décrivait complètement l’enfer qu’ils y avaient vécu.

C’est d’ailleurs pourquoi le psychanalyste qui l’avait suivit durant son bref séjour de remise en forme à Sainte-Mangouste après sa libération lui avait parlé d’un groupe qui se réunissaient un soir par semaine. D’anciens détenus rendus à la liberté après avoir exécuté leurs peines respectives qui se retrouvaient pour parler car seuls eux pouvaient vraiment se comprendre. Jarvis avait décliné l’offre, décrétant que ce genre de groupe de soutien, peuplé de vrais ex-criminels de surcroit, n’était absolument pas pour lui et qu’il se remettrait très bien par lui-même.

3 mois plus tard, toujours hanté par ses cauchemars et continuant de sursauter à la moindre ombre, il commençait à envisager la possibilité de s’y rendre finalement.

Pas besoin d’essayer de me décrire Azkaban, j’y étais je te rappel… Je suis pas prêt d’oublier comment c’était, ajouta-t-il plus pour lui-même que pour Winry en détournant le regard pour lutter contre le flot de souvenir prêt à emplir sa tête. Et si ça peux te rassurer, ajouta-t-il en se reprenant, on m’a fait passer toute une batterie de tests psychologique avant de me relâcher dans la nature, et j’ai encore bouffé personne depuis.

C’est que mine de rien, elle commençait à mettre sa patience à rude épreuve. Jarvis avait prit l’habitude des petites piques que lui lançaient certains clients passablement ivre et louche au bar mais les attaques direct, comme celles de Winry, le touchait toujours plus. Heureusement, elles étaient rares. En fait, la seule autre personne a vraiment s’en prendre à lui était le frère de Daniela, toujours persuadé de la culpabilité de Jarvis malgré les preuves incriminant Alan, l’amant de Daniela désormais à Azkaban à la place de Jarvis.

Mais Winry n’en resta pas là. Jarvis ne comprenait pas son petit jeu. Qu’est-ce qu’il avait bien pu lui faire pour qu’elle l’attaque de cette manière bon sang ? Quand elle mit le sujet de son père sur le tapis, Jarvis serra le poing si fort qu’il pouvait sentir la douleur se propager dans tout son bras. La mort de son père avait probablement été un des pires moments. Il avait toujours été l’homme que Jarvis admirait le plus et dont il était le plus proche. L’annonce de sa mort avait faillit le rendre fou, c’est vrai, car il n’avait pas pu être là dans ses derniers moment, il n’avait pas pu lui dire combien il l’aimait et à quel point il le remerciait pour tout les sacrifices qu’il avait fait pour lui tout au long de sa vie. Il n’avait pas pu lui dire au revoir et, pire que tout, n’avait pas eu le droit d’assister à son enterrement.

Prenant une profonde inspiration, Jarvis posa ses deux mains à plats sur le bar, tête baissée, luttant discrètement contre les larmes qui, durant un court instant, embuèrent ses yeux.

Mon père est mort de maladie… Je ne vois pas en quoi je pourrais en être coupable ni en quoi ça pourrait aggraver mon cas, dit-il d’une voix tendue ou transperçait clairement la colère.

La vérité était que oui, Jarvis se sentait coupable. Ses parents étaient pauvres, son père avait travaillé comme un fou pour couvrir les frais de justice pour lui, refusant de prendre dans l’argent que Jarvis avait mit de côté, persuadé que son fils ressortirait un jour et qu’il en aurait besoin pour commencer une nouvelle vie. Il était tombé malade mais n’avait pas cessé de travailler comme un forcené et cela l’avait tué. Tout du moins, c’était comme cela que Jarvis voyait les choses malgré le fait que sa mère ne cesse de lui répéter qu’il n’y était pour rien.

La dernière remarque de Winry acheva de faire partir en lambeau la patience pourtant d’or de Jarvis. Cela faisait 3 mois qu’il luttait pour ne pas se laisser aller à la colère à cause de ceux qui le cherchait mais là, s’en était trop même pour lui.

Qu’est-ce que tu veux à la fin bordel ?!, hurla-t-il littéralement tout en donnant un coup violent au bar avant de se tourner vers elle pour lui faire face, la surplombant de toute sa hauteur. Qu’est-ce que tu cherche ?! Qu’est-ce que je t’ai fais ?!

Se sentant à deux doigts de lui balancer une baffe, Jarvis recula vivement et lui tourna le dos, serrant à nouveau les poings. La dernière chose dont il avait besoin au jour d’aujourd’hui était de ravoir des ennuis avec la justice pour agression sur sa patronne. Ainsi, la place, il s’empara d’un boc vide qu’il balança violemment contre un mur. Voir le verre voler en éclat dans un bruit sourd lui permit de se recentrer un minimum et de tenter de ce calmer. D’ailleurs, lorsqu’il reprit la parole, il le fit sans crier cette fois-ci, même si la colère transperçait encore clairement dans sa voix.

A quoi est-ce que tu joue ?, demanda-t-il en lui tournant toujours le dos, tournant juste son visage en partie vers elle avant de se retourner complètement pour à nouveau lui faire face. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu vie est tellement merdique que tu t’ennuie au point de te dire tiens, et si je jouais à pousser à bout mon employé pour voir à quel point Azkaban l’a rendu cinglé ? Ou alors ça t’emmerde à ce point qu’un ancien détenu bosse pour toi ? Dans ce cas suffit de le dire et je me casse !

Si Jarvis avait eu une baguette à la place du regard en cet instant précis, Winry serait probablement déjà tombée sous le coup d’un Avada Kedavra. Cela ne l’empêcha pas de se rapprocher jusqu’à ce retrouver qu’à quelques centimètres d’elle.

Pendant 10 ans tu as lu des articles merdiques à mon sujet et tu as écouté des gens qui ne me connaissaient même pas parler de moi et tu prétends savoir pas mal de choses à mon sujet ? Tu ne sais absolument rien de moi. Rien du tout.

Jarvis prit une nouvelle profonde inspiration alors que ses yeux s’embuèrent légèrement une nouvelle fois. Penché sur Winry, il ajouta d’une voix proche du chuchotement tremblotant légèrement sous sa colère contenue tant bien que mal.

J’aimais Daniela plus que tout au monde. Jamais, j’ai bien dis jamais, je n’aurais pu la tuer. J’aurais même jamais été capable de ne serait-ce que de lever la main sur elle. Maintenant, tu peux croire ce que tu veux à mon sujet. Que je suis un assassin, un cinglé ou Dieu sait quoi encore mais ne viens plus jamais prétendre que tu sais beaucoup de chose sur moi parce que tant que tu continueras à agir comme une gamine conne et prétentieuse, tu ne sauras jamais rien à mon sujet.

Sur ces morts, Jarvis passa à côté de Winry, attrapa un balai et entreprit de balayer les morceaux de verres. Comme toujours, de le faire à la manière moldu eu pour mérite de lui occuper les mains et l’esprit, ce dont il avait grand besoin dans l’immédiat. S’il ne travaillait pas à Pré-au-Lard et n’avait pas eu de baguette, on aurait presque pu le prendre pour un moldu à force de le voir toujours tout faire ainsi manuellement. Ce qui était effectivement surprenant de la part d’un sorcier de sang-pur mais Jarvis avait toujours aimé faire les choses de ses propres mains.

Il n’arrivait pas à s’expliquer comment les propos de Winry avaient pu le mettre dans une telle colère. Elle l’avait blessée, réellement blessée, ce qui le déstabilisait. D’habitude, il n’en avait que faire de ce que pouvait dire les gens qu’il ne connaissait pas ou à peine. Mais de l’entendre elle lui parler de la sorte, cela l’avait complètement retourné. Un démon derrière un visage d’ange, voila ce qu’elle était à ses yeux à cet instant précis. Une beauté cachant un cœur de pierre. Etait-ce cela une partie du fameux mystère qui entourait la jeune femme et qu’inconsciemment il cherchait en vain à découvrir ? Il espérait que non.
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MessageSujet: Re: Mise au clair Dim 17 Juin - 21:02

    Nouveau froncement de sourcil. Décidément! Il allait finir par avoir des rides d'expressions impressionnantes lui plus tard! Enfin, je supposais que c'était un peu le dernier de ces soucis. La coquetterie devait être la dernière dont on avait à faire à Azkaban. Je soupirais. Est-ce qu'un jour, j'allais arrêter de penser à Azkaban en permanence quand Jarvis me venait à l'esprit? Il fallait croire que ce n'était pas possible pour moi.

    J'observais ses expressions quand je lui parlais. Visiblement, ce que je disais ne lui plaisait pas. Du tout. Peut-être que j'avais été un peu dure. Peut-être que j'avais été trop loin. Et merde! J'avais commencé, je tiendrais jusqu'au bout, hors de question de me dégonfler. Et si ça permettait de prouver que j'avais raison et qu'il supportait moins bien ses années à la prison magique qu'il voulait l’admettre, ma foi...

    ▬ « Pas besoin d’essayer de me décrire Azkaban, j’y étais je te rappel… Je suis pas prêt d’oublier comment c’était. »

    Haussement de sourcil sceptique de ma part. Oui, sans doute.

    ▬ « Et si ça peux te rassurer, on m’a fait passer toute une batterie de tests psychologique avant de me relâcher dans la nature, et j’ai encore bouffé personne depuis.
    Voilà qui est mille fois mieux! Je pourrais enfin dormir tranquillement le soir maintenant! »

    Main sur le coeur, yeux équarquillés, mon expression avait aussi naturelle que celle qu'un actrice Twilight. J'avais peut-être loupé ma véritable vocation en fin de compte.

    Et je parlais de son père. Et c'est là que je commença à avoir vraiment peur. Si Jarvis avait essayer de rester plus ou moins calme et diplomate jusqu'à là, je compris que ce sujet là était encore particulièrement sensible. Parce que là, Jarvis était réellement en colère. Poings serrés, il tremblait de rage. Je me fis violence pour ne pas reculer, parce qu'à ce moment là, je craignais vraiment qu'il me fasse mal. Je pris une grande inspiration et levais le menton, comme si je relevais un défi.
    Enfin, Jarvis se calma partiellement et posa ses mains sur le comptoir, tête baissé, et répondit.

    ▬ « Mon père est mort de maladie… Je ne vois pas en quoi je pourrais en être coupable ni en quoi ça pourrait aggraver mon cas »

    Il..Pleurait ou bien? je ne voyais pas son visage, je haïssais ça. je me sentais désavantagé par rapport à mon adversaire. Mon adversaire? Ca y est, j'imaginais Jarvis comme un adversaire.
    C'est à ce moment là que la plupart des personnes se seraient confondu en excuse, en voyant Jarvis à bout comme ça. j'avoue que cela me faisait un peu de peine. Mais hors de question de me dégonfler maintenant. j'irais jusqu'au bout de cette discussion, peu importe ses réactions. Mais par respect, je ne répondis rien à cela, me contentant me remettre une mèche de cheveux derrière l'oreille, le menton toujours levé, prête à soutenir son regard si mes yeux croisait les siens.

    ▬ « Qu’est-ce que tu veux à la fin bordel ?! Qu’est-ce que tu cherche ?! Qu’est-ce que je t’ai fais ?! »

    Je capturais enfin son regard et me sentait enfin à mon avantage, pouvant enfin voir ses expressions. De la colère. beaucoup de colère. Sans rompre le contact visuel, je répondais, sans m'énerver, tout en sarcasme.

    ▬ « Ouh, mais il s’énerve enfin! J'en venais à me demander si c'était possible. C'est quoi ton secret? Le yoga avec les détraqueurs? »

    Léger rire de ma part, sonnant plutôt faux.

    ▬ « Ce que je veux, ce que je cherche? S'il suffisait de me poser la question pour savoir, ça serait trop simple. »

    Il me tourna violemment le dos, visiblement prêt à commettre un vrai meurtre sur ma personne. J'en profitais pour tenter de calmer le tremblement de mes mains. J'avais beau frimer, j'en menais pas large. Il me faisait vraiment peur à ce moment précis. Avant que j'ai le temps de réaliser, il lança quelque chose contre le mur. Le fracas que cela causa me fit sursauter. J'avais du plaquer ma main contre ma bouche pour ne pas laisser échapper un cri d'effroi tellement j'avais été surprise. Je me repris dans la seconde d'après, remettant mon masque de cynisme et d'arrogance. Je me forçais au calme, mais un peu de colère apparut dans ma voix :

    ▬ « Tu te fous de ma gueule j'espère?! C'est quoi ce bordel?! »

    Je n'ajoutais rien d'autres, les dents serrés, mais je n'en pensais pas moins. Il avait le droit de s’énerver, mais pas de casser le mobilier de mon bar bordel! je pouvais tolérer certaines choses, mais ça, non.

    ▬ « A quoi est-ce que tu joue ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu vie est tellement merdique que tu t’ennuie au point de te dire tiens, et si je jouais à pousser à bout mon employé pour voir à quel point Azkaban l’a rendu cinglé ? Ou alors ça t’emmerde à ce point qu’un ancien détenu bosse pour toi ? Dans ce cas suffit de le dire et je me casse ! »

    De nouveau, je pus avoir son regard. Reprenant de l'assurance, je répondais :

    ▬ « Ah non! Ah non non non! Ca serait trop facile. Tu gueules, tu fais de la casse et tu t'en irais la tête haute, en m'évitant jusqu'à la fin de ta vie? J'ai aucune intention de te virer malgré tout ça, donc tu restes. J'ai strictement aucun envie de te rendre les choses aussi simple.

    Bon, techniquement parlant, il pouvait aussi très bien démissionner, je ne ferais rien contre. Mais bon, lui et moi savions très bien qu'à cause des casseroles qu'il trimballait, trouver un autre travail ne serait pas forcement très évident.

    ▬ « Pendant 10 ans tu as lu des articles merdiques à mon sujet et tu as écouté des gens qui ne me connaissaient même pas parler de moi et tu prétends savoir pas mal de choses à mon sujet ? Tu ne sais absolument rien de moi. Rien du tout. »

    Un point pour l'ex taulard. je devais l'admettre. Bon, c'est parti pour la condescendance.

    ▬ « Je me fous bien de savoir si tu as pris des cours de saxophone étant gosse ou si tu étais allergique au lactose, Zimmerman. J'avais besoin de connaitre ton histoire. Les faits. Et pour savoir ça, les articles merdiques dans les journaux sont plutôt efficaces. Le reste, je m'en fous, je ne prétends par te connaitre toi, Jarvis, je parle de ton histoire. »

    Pour la première fois, je l'avais appelé par son prénom. Pas Zimmerman, mais Jarvis. C'était...étrange. Je n'arrivais pas à décrire ce que ça me faisait exactement mais c'était étrange. J'avais l'impression d'avoir gâché quelque chose, laissé tomber des défenses. Montré une sorte de faiblesse. C'était stupide, je le savais bien mais... Je me forçais à me reprendre. Le visage de Jarvis se pencha vers le mien. Un peu trop près à mon gout, la proximité acheva de me mettre mal à l'aise, bien que je m'efforçais de ne rien montrer en apparence.

    ▬ « J’aimais Daniela plus que tout au monde. Jamais, j’ai bien dis jamais, je n’aurais pu la tuer. J’aurais même jamais été capable de ne serait-ce que de lever la main sur elle. Maintenant, tu peux croire ce que tu veux à mon sujet. Que je suis un assassin, un cinglé ou Dieu sait quoi encore mais ne viens plus jamais prétendre que tu sais beaucoup de chose sur moi parce que tant que tu continueras à agir comme une gamine conne et prétentieuse, tu ne sauras jamais rien à mon sujet.
    Gamine conne et prétentieuse? Je crois que c'est les choses les plus gentilles qu'on n'est jamais dites à mon sujet, merci beaucoup »

    Je préférais ignorer le reste de ses paroles, ça n'en valait pas la peine. Jarvis passa devant moi et alla enfin nettoyer le foutoir qu'il avait mis. Je levais les yeux au ciel et retournais derrière le bar pour me servir une nouvelle boisson. Je pris des petites gorgées, contente d'avoir une accalmie après tout ça. Reprendre son souffle, ça ne faisait pas de mal. Je n'avais aucun gout particulier pour les dispute ou la violence, malgré ce que certains pouvaient bien croire. Je pris de nouveau une grande inspiration, terminai mon verre et contourna le bar pour aller vers Jarvis. Il ramassait les bouts de verres à la moldu. Cela m'intrigua. Quel sorcier fait cela? Encore quelque chose à ajouter un mystère Zimmerman. je n'étais sans doute pas à cela près. Je simulais un bâillement sonore puis m'asseyais négligemment sur le bar, les jambes ballantes dans le vide. Ca ne se faisait pas et? C'était mon établissement, oui ou merde?

    ▬ « Je suppose que je devrais m'estimer heureuse de n'être toujours pas morte. Enfin, je vais peut-être pas trop forcer ma chance. Je devrais sans doute y aller. Je compte sur toi pour nettoyer ce bordel. On devrait se revoir au service demain. J'espère que tu n'auras pas démissionner entre temps, ça serait dommage.

    Je n'avais pas pu m'empêcher d'être sarcastique. C'était mon truc, j'avais du mal à m'exprimer autrement. Ca me protégeait en quelque sorte. Et j'aurais bien du mal à baisser ma garde devant qui que ce soit. En particulier Jarvis, vu ce qui venait de se passer.
    J'aurais sans doute du partir à ce moment là, vu ce que je venais de dire. mais pourtant, je ne bougeais pas de ce comptoir. je n'avais aucune envie de partir en fait. Surtout que j'avais l'impression que cette conversation n'était pas terminé.
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Lun 18 Juin - 16:22

La réponse sarcastique de Winry, accompagnée de sa mimique exagérée, fit pousser un long soupire à Jarvis qui leva les yeux au plafond. Il ne savait même pas pourquoi il s’obstinait à tenter d’avoir une conversation avec elle. Il était évident qu’alors que lui faisait tout pour essayer d’éviter que cela parte en tout sens Winry, elle, cherchait à tout prix à le faire sortir de ses gonds. Il avait l’impression de parler avec une ado voulant jouer les pseudos rebelle mais juste capable de se rendre proprement insupportable.

Jarvis n’arrivait pas à comprendre à quoi elle pouvait bien jouer. Il ne lui avait rien fait après tout, ils ne se connaissaient même pas alors pourquoi est-ce qu’elle essayait tout à coup à le pousser à bout comme ça ? Par pure sadisme ? Est-ce qu’elle trouvait ça marrant de le voir lutter pour garder son calme alors qu’elle le blessait réellement avec ses paroles ? Car oui les mots pouvaient faire aussi mal que les coups, voir même plus et c’était exactement le cas en cet instant. Cela avait été douloureux au point de pousser à bout Jarvis qui, pourtant, avait fait preuve d’une patience à toute épreuve jusqu’à maintenant.

Jarvis dominait Winry de toute sa hauteur, son regard assassin plongé dans le sien lorsqu’elle mentionna les Détraqueurs avec un rire. Elle se croyait drôle en plus cette garce ?

Depuis leur rencontre, Jarvis avait toujours pensé que Winry était différente, qu’elel avait un petit quelque chose de plus sur lequel il n’arrivait pas à mettre le doigt. Maintenant, il commençait à le découvrir. Winry n’était rien de plus qu’une gamine pourrie gâtée devenue un véritable monstre sans la moindre compassion pour autrui, se fichant totalement de blesser les autres tant que elle, cela l’amusait. Voila ce qu’elle était désormais à ses yeux.

Tu n’as aucune idée de ce dont tu parles, dit-il entre ses dents, mâchoire crispée, sur un ton presque menaçant. Alors ferme-là !

Jarvis n’avait jamais levé la main sur une femme. A vrai dire, il n’avait même jamais vraiment levé la main sur quoi que ce soit avant d’arriver à Azkaban où là, il avait bien été obligé d’apprendre à se défendre face à certains de ses co-détenus. Mais à cet instant précis, serrant le poing, il s’imaginait très bien balancer une baffe monumentale à sa patronne juste pour qu’elle arrête ses conneries. C’est pourquoi il se détourna soudainement avant de céder à son envie. Il était hors de question qu’il devienne un de ses salaud frappant une femme, pas à cause du monstre inhumain planté devant lui. C’est pourquoi il se défoula sur sa choppe. Mais bien sûr, l’autre fût bien trop stupide et trop à fond dans son délire de patronne sadique toute puissante pour être à même de comprendre les raisons du geste de Jarvis. Comment aurait-elle pu comprendre ? Il était évident qu’elle se fichait de tout ce qui ne concernait pas directement sa petite personne.

C’est moi qui me fous de ta gueule ? Non mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité là !, répondit-il en criant dans sa direction. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre franchement. Me rendre les choses simple hein ? Non mais tu t’entends parler un peu ? Je suis pas un putain de chien que tu peux traiter comme de la merde quand ça te chante bordel !

Entendre Winry l’appeler par son prénom surprit Jarvis. C’était la première fois qu’elle le faisait, il le réalisa à l’instant même. Cela avait quelque chose… d’étrange. On appelait par leur prénom les gens qu’on connaissait un minimum, pour qui on avait un semblant de respect, même vague. Qu’elle l’appel par son prénom après la manière dont elle venait de le traiter, cela fut un peu comme un coup pour Jarvis. Une surprise à laquelle il ne s’était vraiment pas attendu. D’un côté, il aimait comme son prénom sonnait entre les lèvres de Winry mais en même temps, cela rendait les horreurs qu’elle lui avait dit encore pire d’une certaine manière.

Il ne trouva rien à lui répondre. Elle prétendait avoir voulu connaître son histoire mais n’avait pas cessé de l’insulter. Tout cela était tellement contradictoire. Jarvis ne comprenait plus rien et sentait un mal de tête apparaitre lentement derrière ses yeux.

J’en doute pas un instant…, lui répondit-il toutefois quand elle lui dit que les termes avec lesquels il l’avait décrite étaient presque gentil comparé à d’autre que l’on lui avait déjà dit. En même temps, si elle traitait tout le monde ainsi comme de la merde, cela n’avait rien d’étonnant.

D’un côté, Jarvis avait presque pitié pour elle. Une femme au cœur aussi vide et à la langue aussi empoissonnée devait probablement être encore plus seule que lui. Après tout, qui voudrait d’elle dans ses amis ? Mais dans l’immédiat, la haine qu’il ressentait pour elle l’empêchait d’avoir vraiment pitié.

Nettoyant ses dégâts pour s’occuper et surtout pour tenter de ce calmé un minimum, Jarvis pu voir l’étrange ballet de Winry du coin de l’œil. Il avait l’impression de surveiller un serpent particulièrement dangereux prêt à revenir à l’attaque à tout moment. Mais elle n’en fit rien et s’installa sur le bar.

S’estimer heureuse d’être encore en vie ? Elle n’avait donc absolument rien écoutée de ce qu’il lui avait dit ? Il serait bien incapable de tuer quelqu’un, même elle.

Se relevant avec les débris dans la ramassoire, Jarvis se rapprocha d’elle, posa la ramassoire sur le bar, colla le balai entre les mains de Winry et contourna le bar.

Alors dommage parce que je démissionne et avec effet immédiat… Je prends mes affaires et je m’en vais. Il est hors de question que je continue de travailler un jour de plus pour quelqu’un traitant les gens de cette manière… J’espère juste qu’un jour tu réaliseras quel monstre tu es sur le point de devenir à force de vouloir jouer les pseudos rebelles et que tu te reprendras avant qu’il ne soit trop tard…

Soupirant, Jarvis passa la porte menant au petit débarras servant aussi de vestiaire où se trouvait sa veste. Seul dans la petite pièce, il relâcha enfin la pression et, faisant face au mur, il se laissa doucement tomber en avant, appuyant son front contre la cloison.

Jouer les martyrs n’avait jamais été son genre. Il avait grandit dans un foyer pauvre et s’en était jamais plaint. Il avait passé 10 ans dans la plus horrible des prisons qui soit pour un meurtre qu’il n’avait pas commis et refusait d’en parler, aux médias comme à ses proches. Mais Jarvis ne comprenait pas l’acharnement de Winry à son sujet. Il avait toujours essayé d’être quelqu’un de bien. Il avait toujours respecté les lois, était le premier à venir en aide aux autres, même ceux qu’il connaissait à peine, il n’avait jamais cherché à faire parler de lui, à se démarquer de quelconque façon que ce soit. Il ne méritait pas un tel traitement.

Le comportement de Winry combiné à celui des curieux, souvent injurieux, venant au bar, l’épuisait nerveusement. Tout ce qu’il voulait lui, tout ce qu’il demandait, c’était le droit de pouvoir enfin refaire sa vie, d’avoir une vie normale loin de toute cette histoire. Etait-ce donc vraiment trop demandé ?

Jarvis ne s’aperçu des larmes qui coulaient sur ses joues non rasées que lorsque l’une d’elle vînt s’écraser sur sa main alors que ses épaules se secouèrent légèrement au rythme d’un sanglot silencieux.
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MessageSujet: Re: Mise au clair Mar 19 Juin - 13:03

    Me dominant de toute sa hauteur, machoire crispée, Jarvis me lança d'un ton cinglant :

    ▬ « Tu n’as aucune idée de ce dont tu parles. Alors ferme-là ! »

    Haussant de nouveau un sourcil, je préferais ne rien répondre à cela, bien que j'en mourrais d'envie. Mais je m'étais bien rendu compte que la discussion était parti trop loin pour moi, qu'elle échappait totalement à mon contrôle. Ce qui à la base n'était que de la provocation pour moi avait dérivé en pur acharnement sadique contre Zimmerman et lui, de son côté, avait completement perdu la contrôle. J'avais décidé de ne pas aggraver les choses, mais je devais réellement me faire violence pour ne pas lui répondre. En particulier quand il se mit à me gueuler dessus juste après avoir exploser la chope. Les dents serrés, ses ongles s'enfonçant dans la chair de sa paume de main, j'encaissais sans broncher, retenant les pulsions meutrières qui traversait tout mon corps. Je haïssais qu'on me parle ainsi, plus que n'importe quoi d'autres. J'avais l'impression d'avoir de nouveau 5 ans et que ma mère me faisait la leçon, comme si cette salope pouvait se permettre de le faire! Elle ne s'était jamais occupé de moi, confiant toujours la tâche ingrate de l'éducation de sa fille à des personnes payés pour cela, mais dès que je faisais quelque chose de travers, elle était toujours disponible pour m'en mettre une!

    Une scène me revint brusquement en mémoire. Le jour où j'avais plus ou moins fait le mur pour la première fois. Je n'étais qu'une enfant qui s'ennuyait ferme dans cette maison trop grande pour elle. Ma mère était de sortie, mon père en voyage d'affaire. Et comme d'habitude, j'étais seule, avec pour compagnie la présence fantômatique des employés qui n'en avait strictement rien à faire de moi. J'avais l'impression d'être invisible. Alors, j'avais pris une décision. Je m'étais levais et j'étais sorti, sans demander l'autorisation de personne. Je m'étais sentie si bien! J'avais continué ma route, m'éloignant de plus en plus de la demeure familiale. J'étais arrivée dans le centre ville où personne ne faisait attention à cette gamine qui marchait seule dans les rues. Je riais aux éclats, contente de cette nouvelle liberté. Et j'avais sympathisé avec des gamins de mon âge et je m'étais mise à jouer avec eux. Au bout de quelques heures, j'avais décidé de rentrer chez moi. Gamine débrouillarde que j'étais, j'avais retrouvé le chemin seule, heureusement! Mais ma mère m'attendait de pied ferme. Quand elle m'a vu arriver, elle m'a violement tordu le bras pour m'entrainer vers elle et m'a mis la gifle de ma vie pour m'être soi-disant enfui.

    Ce souvenir était si vif dans ma tête que j'avais l'impression d'avoir la joue qui me brûlait. Je ne savais même plus pourquoi je m'étais souvenu de cela à présent. Jarvis ne m'avait jamais frappé -du moins, pas encore, mais je le soupçonnais d'en mourir d'envie- et n'avait rien fait de particulier pour me rappeler ma mère. Alors pourquoi ce souvenir m'était revenu en mémoire? C'était peut-être que je devenais folle, tout simplement.

    ▬ « Alors dommage parce que je démissionne et avec effet immédiat… Je prends mes affaires et je m’en vais. Il est hors de question que je continue de travailler un jour de plus pour quelqu’un traitant les gens de cette manière… J’espère juste qu’un jour tu réaliseras quel monstre tu es sur le point de devenir à force de vouloir jouer les pseudos rebelles et que tu te reprendras avant qu’il ne soit trop tard…
    »

    Ces paroles me firent le même effet que le souvenir de la gifle de ma mère. A moitié sonnée, pas encore tout à fait consciente de se qui venait de se passer, je regardais Jarvis partir. J'essayais de dire quelque chose mais rien ne sorti de ma mère tellement j'étais sous le choc. C'était prévisible qu'il démissionne, c'était sur, mais... On a beau dire, on s'y fait pas. Non, on s'y fait pas.

    Reprenant mes esprits, je soupirais, profondement agacée, et passais la main dans mes cheveux.

    ▬ « Je sens que je vais le regretter... »

    Je descendais d'un bond du comptoir et me dirigeait vers l'espèce de placard nous servant de vestiaire, là où Jarvis avait disparu pour récupérer ses affaires, criant :

    ▬ « Attends! »

    J'espérais qu'il m'avait entendu, qu'il n'était pas trop tard, qu'il n'était pas déjà parti ou tout simplement qu'il avait décidé de m'écouter. Je n'arrivais pas à me l'expliquer, mais je ne pouvais pas le laisser partir. Je n'arrivais pas à me l'expliquer, je cherchais une raison rationnelle qui pourrait me pousser à l'empêcher de démissionner mais je n'en trouvais pas. Quoiqu'il en soit, je ne pouvais pas le laisser partir, j'en étais presque sure. J'ouvrais la porte des vestiaires pour le trouver affalée, face au mur. Là, ça me fit mal. J'étais vraiment aller trop loin. Je pris une grande inspiration.

    ▬ « Hum... je...Je retire tout ce que j'ai dit, ok? »

    Je grimaçais. Non, essaies encore, sois plus cool. Je pris une voix plus douce.

    ▬ « Ecoute, je suis désolée. Je...J'ai été trop brusque avec toi, je m'en excuse vraiment. Ne pars pas, ça serait dommage. »

    M'adossant contre le mur, je soupirais, exaspérée, mais cette fois, j'étais juste en colère contre moi-même.

    ▬ « Je sais que tu me prends pour une pauvre conne, je suis brutale. Mais j'ai jamais su être autrement. J'ai l'impression que si je suis sympa, les gens vont apparenter ça à de la faiblesse et..je supporterais pas...Alors... j'ai pris l'habitude d'être comme ça. »

    J'eus un sourire triste. Mais qu'est-ce qui me prenait de me confier à un parfait inconnu comme cela?

    ▬ « Je sais même pas pourquoi je te raconte tout ça... »

    Fini l'expression arrogante, les sarcasmes et les mimiques exagérées. Là, je m'étais livrée, je venais tout juste d'avouer que tout ce cinéma, c'était juste une couverture pour moi, un moyen de me protéger. je venais de me confier à un type que j'engueulais il y a même pas deux minutes. C'était peut-être ça la vraie faiblesse.

    ▬ « Enfin...Pars si tu veux, je ne pourrais pas te retenir. »
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Mer 20 Juin - 18:10

Jarvis était généralement fier de ce self control qu’il avait toujours eu depuis gamin. Il en fallait vraiment une sacrée dose pour le faire sortir de ses gonds. Il ignorait si c’était une accumulation de choses ou juste Winry mais en cet instant, il était vraiment hors de lui et il n’aimait vraiment pas ça. Il détestait perdre le contrôle de lui-même. D’autant que ce n’était vraiment pas dans son caractère habituellement. Comme quoi, personne n’était à l’abri d’un pétage de plomb, pas même lui. L’avantage, si on pouvait dire cela ainsi, était que lorsqu’il perdait le contrôle, il se contentait d’hurler et de s’en prendre au mobilier. Il ne s’en prenait jamais physiquement aux gens contrairement à ce qu’avait décrété la Justice Magique. C’était plutôt une bonne nouvelle pour Winry qui, sinon cela, aurait déjà finie depuis un moment avec un bel œil au beurre noire et cela malgré l’éducation que lui avait donné ses parents selon laquelle, on ne s’en prenait pas aux femmes. Car pour le moment, à ses yeux, Winry n’avait rien d’une femme. Elle n’avait même pas grand-chose d’un être humain. Elle semblait plus être une de ses créatures maléfiques séduisantes mais des plus cruelles, s’amusant des souffrances de leurs victimes.

Finalement, sa rage se changea en quelque chose proche de la résignation. Winry se montrait des plus cruelle avec lui mais ne semblait ne pas s’en apercevoir, de trouver ça normal. Résultat, il en finit par éprouver plus de la pitié à son égard que de la haine. Quoi qu’il en soit, il était évident qu’il ne pouvait pas continuer à travailler pour elle.

Sa vie se limitant au strict minimum depuis sa libération, il avait pu mettre une petite partie de son salaire de côté. Cela lui permettrait de vivre quelques temps, le temps de trouver autre chose. D’accord son passé ne jouait pas en sa faveur mais il avait quand même passé ses ASPICS avec presque que des O et avait fait des études et s’il avait pu trouver ce boulot de serveur, il pourrait bien trouver autre chose.

Toutefois, une fois seul, ce fut comme si ses nerfs le lâchèrent. Comme si toute cette pression qu’il accumulait depuis 3 mois, avait finie par céder. Il aurait juste préféré que cela se produise quand il serait seul chez lui. Mais la vérité était là, il n’en pouvait simplement plus. Il avait fait bonne figure tout ce temps, gardant tout en lui. Il aurait bien dû s’attendre à craquer à un moment ou à un autre. Les propos de Winry avaient été la goutte d’eau qui bien terminé de remplir et fait déborder le vase.

Il n’entendit pas Winry lui demander d’attendre. Par contre, il l’entendit bien arriver alors qu’il pleurait silencieusement le front appuyé contre le mur. Il lui manquait plus que ça, que sa patronne le trouve entrain de pleurer. Il se sentait particulièrement ridicule. Ainsi, quand elle lui dit qu’elle retirait ce qu’elle avait dit comme le ferait un gamin dans une cour d’école, Jarvis se décolla du mur et se détourna pour lui tourner le dos. Non pas parce qu’il ne voulait pas la voir mais pour masquer les larmes qu’il essuya rapidement d’un revers de la main. Peine perdue, les traitresses continuaient de couler sur ses joues malgré tout.

Comme ça se serait dommage s’il démissionnait ? Dommage pourquoi ? Parce qu’elle n’aurait plus son défouloir personnel à torturer verbalement quand elle serait de mauvaise ?

Il ne voulait pas lui pardonner. La manière dont il l’avait traité était impardonnable. Il avait d’excellente raison de lui en vouloir mais déjà, Jarvis sentait sa décision flanché. Après tout, tout le monde savait qu’entre trop bon et trop con, il n’y avait qu’une lettre de différence.

Brusque n’est pas exactement le mot que j’aurais utilisé, marmonna-t-il entre ses dents plus pour lui-même que pour elle, tournant toujours le dos à Winry.

Pauvre conne, oui ça c’était déjà plus proche de ce qu’il pensait actuellement de son comportement. Toutefois, cette fois elle semblait enfin sincère. Plus de bravade, plus de défis. Elle avait enfin rangé ce personnage de rebelles intolérante et insupportable.

Jarvis n’avait rien contre les femmes de caractère, il avait même une petite attirance pour ce qu’on appelait les « badass », ces femmes au caractère bien trempé qui ne se laissaient pas faire mais là, cela avait vraiment été trop exagéré même pour lui.

Quand elle eu finie de s’excuser et de s’expliquer, Jarvis laissa s’installer un petit silence, réfléchissant avant de pousser un long soupire et de se tourner vers elle. Les larmes avaient enfin cessées de couler mais il en gardait les stigmates sur son visage. Ses joues étaient encore mouillées et ses yeux clairement rouge et humides. Par reflexe, il s’essuya une dernière fois les yeux.

C’est à moi que tu parles de vouloir cacher ses faiblesses… ?, demanda-t-il en désignant son visage d’un vague geste de la main. Pour info être sympa, voir compatissant, c’est plus une force qu’une faiblesse. Agir comme tu l’as fait, ça c’est une faiblesse car on devine tout de suite que tu cherche à te cacher derrière ça.

Jetant un coup d’œil autour de lui, Jarvis avisa une grande caisse et s’asseya dessus. Il se sentait épuisé pour le coup. Aussi bien physiquement que mentalement. Se massant la nuque d’une main, il appuya ses avant-bras sur ses cuisses, restant ainsi assit, penché en avant avec juste les yeux relevé sur Winry qu’il ne quittait plus du regard, une expression neutre sur le visage.

Il essayait de comprendre. De comprendre qui elle était exactement. Il avait l’impression d’avoir à faire a plusieurs femmes différentes à la fois. Il y avait la patronne dans toute sa splendeur. Distante, carrée qui savait ce qu’elle voulait et ce qu’elle attendait de ses employés. Une caractéristique qu’il appréciait assez. Il y avait la sale garce invivable qui ne méritait même pas qu’on s’attarde sur elle tellement elle était horrible. Cette facette là, il la haïssait sans l’ombre d’un seul doute et espérait d’ailleurs ne plus jamais la revoir. Et il y avait enfin la jeune femme. Celle qui avait fait de ses faiblesses une force dont elle ne savait pas encore trop comment se servir. Forte et fragile à la fois. De loin la facette d’elle qu’il préférait.

C’est d’ailleurs pile en cet instant qu’il réalisa que ce petit quelque chose indéfinissable qui le titillait au sujet de Winry était tout simplement de l’attirance. C’était pour cette raison qu’il avait été aussi blessé par ses propos. Venant de quelqu’un d’autre, il n’aurait probablement pas été blessé à ce point.

Et il réalisa aussi qu’il n’avait pas envie de partir mais qu’il voulait rester dans les environs de cette Winry-ci qui se trouvait devant lui. Bien sûr, il n’était pas encore stupide. Il devait avoir 10 ans de plus qu’elle, il était évident qu’elle ne l’appréciait pas plus que cela et la Belle et la Bête, ça n’existait que dans les contes de fées mais malgré tout, il ne s’imaginait pas l’abandonner en quelque sorte. Après tout ce pub était assez louche, il pourrait lui arriver n’importe quoi. Quoi qu’après la scène qu’elle lui avait faite dans la salle principale, Jarvis ne doutait pas qu’elle soit tout à fait capable de se défendre toute seule. Winry devait probablement pouvoir devenir une vraie furie, il n’en doutait pas un instant. Et d’une certaine manière, même ce tempérament de véritable garce capable de briser n’importe qui verbalement, et très certainement physiquement aussi, lui plaisait bien… Tant que ce n’était pas tourné contre lui ou contre un autre innocent n’ayant rien demandé.

Je suis vraiment trop gentil…, fut la réponse qu’il lui donna en secoue légèrement la tête, joignant les mains devant lui, toujours penché en avant. Mais évites de me traiter une nouvelle fois de la sorte à l’avenir, ajouta-t-il en relevant à nouveau les yeux sur elle, l’air calme mais décidé.

Allez savoir pourquoi, il ressentit alors l’envie de se lever et de la prendre dans ses bras. Envie aussi étrange que subite qui le surprit lui-même. Cependant, il n’en fit rien même s’il finit par se relever tout en étirant son dos au passage.

J’ai besoin d’un verre… Je le paierais t’en fais pas, ajouta-t-il avant de réveiller le côté patronne chez Winry. Lui adressant un petit sourire un peu gêné, encore un peu attristé mais prouvant sa volonté de tenter de ce montré sympathique malgré tout, il l’a contourna, s’appliquant à ne pas la frôler mais l’odeur entêtante de son parfum lui parvînt quand même. U parfum qu’il aimait un peu trop à son goût d’ailleurs.

De retour derrière le bar, il attrapa deux verre, une bouteille et il se servit un whisky pur-feu sec avant de ce tourner vers Winry.

Je t’en sers un ?

Après tout, un verre ne pouvait pas leur faire de mal après ce qu’il venait de ce passer. Au contraire, ils en avaient tous les deux biens besoin, Jarvis n’en doutait pas.

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MessageSujet: Re: Mise au clair Mer 4 Juil - 17:28

    A présent que l'orage était passé, je me sentais comme vidée de l’intérieur, incapable de ressentir quoique ce soit. Ni la colère, ni la peur que j'avais éprouvé tout à l'heure. Le néant, nada, je n’éprouvait strictement rien. J'étais juste...Fatiguée. Je devais être maligne, pitoyablement appuyée contre le mur de ce local, avec Jarvis que j'avais poussé à bout juste avant en jouant les fières. Si juste avant, il devait me prendre pour une pauvre conne, à présent, il devait justement trouver pathétique. Je triturais une de mes mèches de cheveux nerveusement, puis jetais un coup d’œil vers Jarvis, qui avait le dos tourné par rapport à moi. Il ne daignait même pas de me regarder. Je l'avais bien mérité en même temps. Je mordis ma lèvre supérieur, sentant mes yeux s’humidifier. Quelle conne! Pourquoi j'avais brusquement envie de pleurer moi? J'essuyais mes paupières d'un geste rageur. Quelle conne, quelle conne! Je n'arrivais pas à me dire autre chose.

    Qu'es-ce qui m'avait pris en même temps d'avoir été comme ça avec lui? Pourquoi j'avais été aussi méchante? Certes, j'avais toujours été du genre brutale, mais la cruauté gratuite...Non. Ca n'avait jamais été moi. D'un coup, je m'étais littéralement acharnée sur lui, sans raison. Je devenais aigrie moi... 23 ans et déjà aigrie et cynique. Génial. Les mains croisés sur la poitrine, la tête baissée, j'avais à présent l'air d'une gosse en train de se faire réprimander pour une bêtise. Excepté que Jarvis ne me grondait pas. Il avait écouté mes explications et à présent, il gardait le silence, le dos toujours tourné. Pourquoi il ne répondait pas. L'attente était insupportable. Il ne pouvait pas se retourner une bonne fois pour toute, même juste pour me dire que je n'en valais pas la peine et qu'il allait partir, peu importe ce que j'en disais. Pour m'insulter, me lancer une pique glacial ou simplement claquer la porte sans prononcer un mot? N'importe quoi, mais là, j'en pouvais plus d'attendre.

    Finalement, un mouvement. Un soupir et il se retourna. Quand je vis enfin son visage, j'eus un choc. Il avait pleuré! Je ne savais plus quoi penser. J'avais une envie subite de le prendre dans mes bras, de réparer le mal que je lui avais fait, de m'excuser encore. Mais au lieu de ça, je repris la mèche de cheveux que j'avais abandonné peu avant, puis recommençai à la triturer nerveusement pendant qu'il s'essuyait les yeux.

    ▬ « C’est à moi que tu parles de vouloir cacher ses faiblesses… ? Pour info être sympa, voir compatissant, c’est plus une force qu’une faiblesse. Agir comme tu l’as fait, ça c’est une faiblesse car on devine tout de suite que tu cherche à te cacher derrière ça. »

    Je mis les mains dans mes poches pour me forcer à les laisser en place, qu'elles arrêtent une bonne fois pour toute de montrer ma nervosité avec des tics. Je décollais doucement mon dos du mur et levais la tête vers Jarvis pour le regarder.

    ▬ « Tu as sans doute raison... Je sais que ma façon de réagir, c'est pas la meilleur amis...je sais pas. C'est peut-être la plus facile à faire pour moi. »

    Je secouais la tête, tristement. Je ferais mieux de me taire, je ne faisais que m'enfoncer d'avantage. Nouveau soupir de ma part. Decidement! Je me ré appuyais contre le mur, c'est main toujours dans mes poches, puis suivait des yeux Jarvis, qui s'installa sur une caisse, me fixant également. On se regardait les yeux dans les yeux, et j'avais beau m'efforcer de garder un visage inexpressif, ça me troubla. Je baissais les yeux, rompant le contact la première, trop gênée pour continuer.

    ▬ « Je suis vraiment trop gentil…Mais évites de me traiter une nouvelle fois de la sorte à l’avenir.

    Je levais les yeux vers lui et lui sourit. Un sourire franc cette fois, pas les espèces de rictus ironiques que je lui servais tout à l'heure.

    ▬ « Promis. »

    Il se leva et s'étira. Je l'observais l'air de rien, sans bien savoir pourquoi, à travers le rideaux de cheveux roux tombés devant mon visage. Il avait quel age? Entre 35 et 40 ans, je supposais. Au moins 10 ans de plus que moi. C'était assez étrange que entre nous deux, ça soit lui l'employé et moi la patronne. Mais pourquoi je m'étais mise à l'observer et à me poser des question sur son âge? C'était complétement absurde! Décidément, quelque chose n'allait pas chez moi. J'allais peut-être devoir consulter une fois que je serais de retour à Londres. Je me retins de poser ma main sur mon front pour vérifier sur je n'avais pas de la fièvre.

    ▬ « J’ai besoin d’un verre… Je le paierais t’en fais pas »

    Je souris de nouveau, puis me décollais du mur.

    ▬ « Pas la peine. Ce soir, c'est ma tournée. je te le dois bien. »

    Un léger silence. J'ajoutais, histoire de ne pas passer pour complétement laxiste non plus.

    ▬ « Mais ne t'y habitues pas non plus! C'est vraiment que pour cette fois.

    Il me fit un petit sourire gêné, ce qui me fit sourire à mon tour. Mais qu'est-ce qui m'arrivait bordel! J'avais l'impression d'être de nouveau une adolescente en train de flirter. Bientôt, j'allais me mettre à rougir et à rigoler à la moindre de ses blagues, comme une gamine travaillée par ses hormones. Et puis...Flirter avec Zimmerman quoi! Comme je l'avais remarqué tout à l'heure, il devait avoir plus d'une dizaine d'année de plus que moi! Et puis, ce n'était pas vraiment ce qu'on appelait un sex symbol. Bon... je devais m'avouer qu'il avait beaucoup de charme malgré tout. Au premier abord, il n'y avait pas de quoi le trouver séduisant, mais plus j'étais avec lui, plus j'étais attirée par lui, malgré tout... Quelle conne! Bon, ok, j'étais peut-être attirée par lui, qu'est-ce que ça faisait? De toute façon, ce n'est pas comme si la moindre chose était possible entre nous. Après ça, le simple fait qu'il arrive à me parler plus ou moins gentiment était un miracle.

    Je le suivis jusqu'au bar. Là, il s'installa derrière et prit une bouteille et deux verre pendant que je posais mes coudes sur le comptoir et m'appuyais de tout mon poids dessus. Il me proposa un verre, je lui répondis d'un ton léger.

    ▬ « Je veux bien, oui. »

    Éducation bourgeoise oblige, les « s'il te plait », « merci » et autres « pardon » était devenu un réflexe pour moi. Louper une formule de politesse était à la limite du blasphème dans ma famille et malgré moi, cette tradition m'avait atteinte. Même si je faisais tout pour m'affranchir de cette tendance « je m'excuse de vous demander pardon » qu'avait ma famille, ce n'était pas toujours évident. En règle général, ce n'était pas plus mal d'avoir ce réflexe. Mais dans un endroit comme la Tête de Sanglier, passer pour "trop polie" n'était pas réellement une bonne idée.
    Enfin bon, n'y pensons plus. Sortir un « s'il te plait » à Jarvis maintenant tomberait comme un cheveux dans la soupe. Après ce qui venait de se passer, de toute façon, il n'était pas à ça près avec moi.

    Un ange passa. Forcement. Ce n'était pas comme si Jarvis et moi, nous étions des amis ou des amants en train de boire un verre, avec des passions, des intérêts communs, des choses à se dire. Ce qu'on faisait, nous, ressemblait plus à une parodie. Deux personnes qui viennent de se gueuler dessus prennent de l'alcool juste après, l'air de rien. Je bus mon verre à petites gorgées. Peut-être que le whisky pur feu allait nous décoincer un peu l'un envers l'autre.

    ▬ « Sympathique silence... Enfin, c'est vrai qu'on a plus grand chose à se dire maintenant. »

    Mes doigts glissèrent le long du comptoir puis revinrent vers mon verre. Je regardais Jarvis.

    ▬ « C'est pas comme si on avait été proche...Enfin, on peut toujours essayer, malgré le départ...mouvementé de notre relation.

    Oui, mouvementé, c'était le mot. Mais restait à savoir si Jarvis était d'accord.
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Dim 8 Juil - 16:10

La situation était irréaliste. Alors qu’ils avaient été a deux doigts d’en venir aux mains quelques instants plus tôt dans la salle du pub, Winry et Jarvis étaient à présent entrain de parler de manière bien plus mesurée dans la réserve qui faisait aussi office de vestiaires pour les employés. Cependant, le ton n’avait rien de détendu pour autant. Une certaine gêne flottait dans l’air. Aucun des deux ne semblait vraiment savoir quels mots trouver pour détendre l’atmosphère pesante. La dureté de ce qui avait été dit dans al pièce voisine planait encore au dessus d’eux comme un nuage noir ne semblant pas vouloir s’en aller pour laisser place au soleil. Mais étrangement, aucun des deux ne semblaient prêt à partir. A dire qu’après tout, ils ne se connaissaient pas, qu’ils ne perdraient rien à ne jamais se connaître ni à jamais se revoir.

Mais il y avait autre chose, une chose que Jarvis réalisait peu à peu maintenant que l’orage était passé. Il ne s’était pas senti aussi vivant en 10 ans que lors de cette dispute. Non pas qu’il avait aimé s’emporter et hurler sur Winry mais pendant toutes ses années, il avait vécu en véritable automate sans rien ressentir. Certes, au début il y avait eu l’indignation, la colère, la peur mais avec les années, elles avaient disparu. Même la peur instaurée par les Détraqueurs c’était peu à peu muée en sensation si familière que l’on n’y prêtait même plus attention, comme si le fait de vivre dans la peur constante était aussi normal que de respirer. Sa nouvelle vie d’homme libre était pareille. Pas de grandes joies sa libération, pas de tristesse. Il continuait de vivre en automate, faisant les mêmes gestes, tout les jours comme s’il n’était plus capable de ressentir quoi que ce soit. Mais sa dispute avec Winry lui avait prouvé le contraire. Certes, cela n’avait rien eu de plaisant mais à présent, il réalisait que non, il n’était pas devenu un simple robot, qu’il pouvait toujours ressentir des choses, des sentiments. C’était juste qu’ils étaient bien enfoui au plus profond de lui-même. Qui aurait cru que ce serait une pour ainsi dire parfaite étrangère qui arriverait à lui en faire prendre conscience ?

Il l’écouta tranquillement, sans l’interrompre, sans prendre un air agacé ou quoi que ce soit. Il l’écoutait juste calmement avant d’hausser vaguement des épaules.

Un jour, un auteur moldu à dit « Certains gestes irréparables s'accomplissent avec une facilité dont on ne manquerait pas de s'effrayer si on s'arrêtait à y penser. » C’est plutôt vrai.


En s’asseyant sur une caisse, Jarvis observa Winry, plongeant sans le vouloir son regard dans le sien. Elle semblait tellement plus fragile que tout à l’heure. Le jour et la nuit. Il voyait bien qu’elle s’en voulait et avait envie de s’accroupir devant elle, de lui prendre les mains et de la réconforter en lui disant que ce n’était rien. Le monde à l’envers en somme. Toutefois, il n’en fit rien.

L’ambiance s’allégea gentiment lorsqu’il lui annonça qu’il retirait sa démission. C’était mieux ainsi, il ne s’imaginait pas vraiment travailler en restant dans un tel climat de gêne et de tension avec sa patronne.

Décrétant qu’il avait besoin d’un verre, Jarvis passa devant Winry, la frôlant afin de pouvoir sortir de la petite pièce tout en lui adressant un vrai sourire en entendant sa précision.

T’en fais pas… Après ce que j’ai vu de toi ce soir, je crois qu’il est impossible d’avoir le temps de s’habituer à aucune facette de ta personnalité.

Sous entendu, elle semblait en changer tellement souvent qu’il doutait arriver à suivre un jour.

Quand il lui proposa un verre, il ne s’indigna pas du fait qu’elle n’aille utilisée aucune formule de politesse. Après tout, il y était plutôt habitué avec la clientèle qu’il y avait généralement dans cet endroit et il n’en s’en formalisait plus depuis longtemps.

Un silence s’installa mais il n’avait rien de gênant aux yeux de Jarvis qui avait apprit à aimer le silence. Et puis tout deux avaient encore besoin de se remettre de leurs émotions. Il fallait dire que mine de rien, ils avaient vécu des moments particulièrement intense quand même. Il buvait une longue gorgée de son whisky quand il entendit la voix de Winry et posa son regard sur elle sans rien dire dans un premier temps, la laissant continuer en reprenant la parole.

Ce qu’elle lui dit alors eu le mérite de le faire sourire et même de lui donner durant un court instant un petit rire silencieux. Gardant son verre en main, il observa la jeune femme avec un air rieur et lui répondit sur un ton amusé, les sourcils légèrement froncé ce qui lui plissa le front.

Tu voudrais qu’on se rapproche… ?

Un grand sourire hilare se forma alors sur ses lèvres fermées avant qu’il ne détourne son regard de Winry pour observer son verre dont il vida le reste d’un trait. Suite à quoi, toujours souriant, il observa le fond vide, secouant légèrement la tête.
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MessageSujet: Re: Mise au clair Lun 9 Juil - 21:48

    J'étais plutôt reconnaissante à Jarvis de m'écouter sans prendre un air agacé ou quelque chose du genre. Il gardait une expression neutre, ce que, sur le coup, m'était assez pratique. Comme ça, j'avais l'illusion que je pouvais tout balancer sans aggraver mon cas. Ca m'aidait réellement, je me sentais déjà un peu mieux. Un peu.
    Il eut un mouvement d'épaule vague et dit :

    ▬ « Un jour, un auteur moldu à dit « Certains gestes irréparables s'accomplissent avec une facilité dont on ne manquerait pas de s'effrayer si on s'arrêtait à y penser. » C’est plutôt vrai. »

    Je hôchais la tête d'un air studieux, comme une étudiante qui écouterait son professeur en prenant des notes. Pendant que j'étais pitoyablement affalée, le mur comme seul appui, il s'assit sur une caisse. Nos regards se croisèrent quelques instants. Pas bien longtemps, mais suffisamment pour que je me sentes mal a l'aise, sans bien savoir pourquoi.

    Heureusement pour moi, il changea de sujet en retirant sa démission. Mon malaise disparut aussi vite que la lourde ambiance qui régnait entre nous jusqu'à ce moment. Je me sentais plus légère d'un coup, comme si le poids du monde avait brusquement cesse de peser sur mes épaules. Enfin, nous nous étions un peu détendus, ce qui n'était pas vraiment plus mal. D'un cote, qu'est-ce qui pourrait l'être? Vu la discussion explosive de tout a l'heure, je voyais mal comment on pourrait faire pire.

    Un verre, mais quelle bonne idée! Autant Jarvis que moi en avions grand besoin. Je le remerciais intérieurement de cette initiative. Mais alors, qu'il sortait, il sortit quelque chose qui me surprit assez.

    ▬ « T’en fais pas… Après ce que j’ai vu de toi ce soir, je crois qu’il est impossible d’avoir le temps de s’habituer à aucune facette de ta personnalité. »

    ...
    Je lui lançais un regard interrogateur. Ou plus précisément, je lançais un regard interrogateur a son dos, parce qu'il avait déjà quitté la pièce. Les différentes facettes de ma personnalité? Comment ça? Insinues que j'ai un problème psychologique tant que t'y es! Enfin, c'est sur qu'entre Winry la furie qui lui gueulait dessus dans le bar et Winry la repentante qui était venu faire ses excuses, il ne devait plus trop savoir ou donner de la tête. Personnellement, ça l'aurait plutôt énervée. Enfin, je suppose qu'il y en a qui sont plus patient avec ceux qui semblent avoir un lourd passe psychiatrique que d'autres. Dire que c'était moi qui l'avait traite de cinglé a la base.

    Avant, j'étais schizophrène, mais maintenant, nous allons mieux.

    ▬ « Si j'étais facile à comprendre, ça serait sans doute moins drôle. »

    Fis-je avec un léger haussement d'épaule, d'un air faussement résignée.

    On retourna dans le bar ou Jarvis servit deux verres. On buvait notre whisky pur feu dans un silence presque religieux qu'aucun de nous deux n'osa briser. Je n'avais rien contre le silence, particulièrement, c'était même plutôt agréable parfois de ne pas se sentir obligé de faire la conversation. Mais ça me rappelait trop la maison. Outre les deux premières règles : "Ta mère a toujours raison" et "Si ta mère a tort, se référer à la première règle", c'était la chose la plus importante a respecter. Ne pas parler pour ne rien dire, on se déplace en silence, on mange en silence, on pleure en silence... Je haïssais ça, mais qu'est-ce que je haïssais ça! Au point que ça en était presque devenu maladif. Dans mon envie de briser le silence, j'avais raconte n'importe quoi. J'avais briser la fameuse règle d'or : j'avais parlé pour ne rien dire.
    Mais en plus de ça, je ne me rendis pas compte tout de suite de ce que j'avais bien pu dire. Aussi, l'hilarité soudaine de Jarvis m'étonna en premier lieu. Et ce qu'il sortit ensuite d'avantage.

    ▬ « Je...pardon? »

    Je fronçais les sourcils, ne sachant pas trop comment réagir. Oui, se rapprocher, c'est bien ce que j'avais dit, non? Puis mes propres paroles me frappèrent.

    ▬ « Qu'est-ce... C'est pas ce que je voulais di...Oh et peu importe! »

    L'hilarité de Jarvis était plutôt contagieuse, j'eus un mal fou à dire cela sérieusement. Finalement, j'avais craqué et je rigolais à mon tour, avec de nouveau la légère impression de retourner dans mes années Poudlard. Pour un peu, je me serais mise a rougir comme une ado américaine en plein bal de promo invitée à danser par le type le plus populaire de la classe. C'était plutôt risible.
    T'es vraiment trop conne Winry.

    Incapable de retrouver mon sérieux, je lançais a Jarvis.

    ▬ « Bon, Zimmerman, si tu pouvais éviter de porter plainte pour harcèlement sexuel, ça m'arrangerait bien, là. La dernière chose dont j'ai besoin, c'est d'une enquête sur moi. »

    Je m'étais un peu calmée à présent, mais je n'arrivais pas a défaire un léger sourire de mes lèvres. Une certaine gêne s'était emparé de moi. Ce genre de quiproquo serait arrivé avec n'importe qui d'autre, j'en aurais rigolé et ça se serait surement arrêté là. Mais Jarvis... C'était dur a expliquer. Il me plaisait vraiment, j'avais encore du mal a l'admettre, mais c'était le cas. Enfin, je n'avais plus 13 depuis déjà un petit moment, aussi ça ne me perturba pas plus que cela. Mais juste assez pour je ne sache plus trop quoi dire. J'eus une brusque envie de prétexter une urgence pour pouvoir rentrer chez moi. Je pourrais raconter cette soirée de dingue à Oleia et on en rigolerait dans plusieurs jours encore. Même si au début, je risquais sérieusement de me faire gueuler dessus pour la façon dont j'avais traite Jarvis au départ.

    Mais en même temps, je n'avais strictement aucune envie de rentrer. J'étais bien ici. Je posais mon verre sur le comptoir que je n'avais cesse de tenir en main depuis tout a l'heure sans m'en rendre compte, puis levais les yeux vers Jarvis.

    ▬ « On va oublier ce que je viens de dire, ça vaut mieux. Tu ne porteras pas plainte et je n'aurais pas ma caution à payer. Et je vais éviter de te faire des avances sans ton accord maintenant. »

    Est-ce que le "sans ton accord" était vraiment une précision nécessaire? Ça ressemblait fortement à des "avances" maintenant, ce que je venais de dire.
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Jarvis F. Zimmerman

Serveur à la Tête de Sanglier


MessageSujet: Re: Mise au clair Mer 11 Juil - 18:19

La remarque qu’il entendit de Winry dont son dos alors qu’il se dirigeait vers le bar fit sourire Jarvis. Drôle n’était pas exactement le terme qu’il aurait utilisé. Quoi que, après réflexion et à tête un peu plus reposée, il se dit qu’ils avaient dû avoir l’air bien malin à se hurler dessus comme deux idiots au milieu du bar. Heureusement qu’il n’y avait pas eu de témoins pour se demander qui était le plus ravagé des deux.

Si ça peux te rassurer, je crois me souvenir que c’est typiquement féminin, dit-il sur un ton légèrement moqueur mais en gardant ses distance de peur de ce prendre un violent coup d’une des bouteilles de la réserve où Winry se trouvait toujours à l’arrière du crâne.

M’empêche qu’il le pensait vraiment. Il n’avait jamais réussit à suivre les changements d’humeurs des femmes et pourtant, aucune de celles qu’il avait connu avaient déjà fait aussi fort que sa charmante patronne. S’ils devaient en venir à se hurler dessus de la sorte dès la moindre contrariété, ils n’étaient pas sortit de l’auberge. C’est qu’elle n’en avait pas l’air quand on la voyait ainsi avec ses boucles rousses et ses yeux clairs mais elle cachait un sacré tempérament la jeune femme. Un vrai volcan, ce qui n’était pas pour déplaire à Jarvis qui, en se faisant cette réflexion, ce fit instantanément aussi celle qu’il devait avoir quoi ? Quelque chose comme 10 de plus qu’elle ? 15 ans peut-être même. Ce n’était pas parce que sa dernière relation amoureuse datait de ses 26 ans qu’il fallait qu’il reste coincé à cet âge-là. Il allait devoir apprendre à regarder les femmes plus âgées désormais.

Alors qu’ils buvaient leurs whisky et que Winky lui fait sa proposition à double sens, Jarvis comprit tout de suite qu’elle n’avait pas saisie ce qu’elle venait de dire, du moins pas dans l’immédiat mais il ne lui fallu pas longtemps pour tilter et de l’entendre rire fit craquer Jarvis qui avait héroïquement contenu son propre fou rire jusqu’à présent mais qui, du coup, y céda.

Décidemment, heureusement que le bar était vide. Un client hypothétique aurait eu de quoi les prendre pour deux fous à s’hurler dessus en fracassant de la vaisselle, à disparaitre un moment dans la réserve et à revenir picoler en riant des sous-entendus involontaires qu’ils pouvaient se faire. Jarvis se voyait mal devoir se justifier : non non, nous n’avons rien d’illégal dans la réserve. Et encore, cela ne serait que pour une partie des ragots qui auraient pu se colporter.

Il venait de terminer son verre et d’enfin arrêter de rire lorsqu’elle le supplia presque, par humour, de ne pas porter plainte. Aussitôt, il se remit à rire doucement en secouant vaguement la tête, les yeux à nouveaux rivés sur son verre. Ce n’était pas qu’il soit timide mais pour des raisons qui le dépassaient, il avait de la peine à regarder les gens dans els yeux depuis sa libération. Peut-être parce qu’il avait apprit à faire profil bas à Azkaban.

T’en fais pas, la dernière chose dont j’aille envie c’est d’avoir à nouveau à faire à la justice, peu importe la raison et si je suis victime ou accusé. Et puis soyons honnête, de toi à moi, qui pourrait sérieusement croire qu’une fille comme toi puisse vouloir harceler sexuellement un type comme moi ?, demanda-t-il en souriant et en relevant les yeux sur elle.

Jarvis n’avait pas dit cela pour se dénigrer ni pour flatter Winry. Il avait juste constaté les faits. Cela pourrait paraitre plus crédible si elle harcelait son collègue, Nathaniel, bien plus jeune et séduisant mais pas si elle le harcelait lui. En plus, avec la chance qui le caractérisait, s’il allait porter plainte pour harcèlement il était encore capable de se retrouver lui condamné à sa place. Il se méfiait comme de la peste du jugement de ses abrutis du Mangemagot.

Alors que Winry lui proposait d’oublier la proposition qu’elle lui avait fait sans el vouloir, Jarvis baissa à nouveau les yeux sur le verre vide qu’il faisait tourner entre ses mains tout en l’écoutant clairement, cela se voyait au fait qu’il fit un léger petit oui de la tête avec un sourire en coin. Il eu d’ailleurs un nouveau léger rire silencieux quand elle lui parla de ne plus lui faire de propositions indécentes sans son accords.

Jarvis posa alors enfin son verre sur le comptoir en se tournant à nouveau vers elle, sans cesser de lui sourire. Cela faisait d’ailleurs plusieurs minutes suivies qu’il souriait, un véritable record !

C’est pas pour dire mais…, commença-t-il en prenant la bouteille, Je ne connais aucun homme censé qui ne donnerait pas son accord pour recevoir les avances que pourrait leur faire une belle jeune femme.

La bouteille en main, il remplit à nouveau le verre de Winry, puis le sien.

C’est plutôt flatteur, ça m’arrive pas souvent, ajouta-t-il après avoir reposé la bouteille sur le comptoir et reprit son verre pour en boire une gorgée en observant sa patronne. Je pari qu’ils doivent être nombreux à envier ma place et à vouloir recevoir ce genre de sous-entendu, même accidentel et totalement involontaire.
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